LE RESEAU

dimanche 20 janvier 2013

La Semaine Médias #24


Je n'ai pas pour habitude de consacrer mes Semaines Médias à une seule oeuvre.
Mais hier, je suis allée au ciné, et aujourd'hui, j'ai besoin de t'en parler (longuement).





Alceste à Bicyclette, le nom ne fait peut-être pas rêver.
Pourtant, derrière ce titre un peu Vieille France se cache un véritable bijou cinématographique.
Alors, on ne va pas se mentir : je ne suis absolument pas fan de théâtre classique, de Molière, et de grandes envolées lyriques articulées à la voyelle près.
En réalité, c'est mon amour pour l'île de Ré - dont je t'ai si souvent parlé ici - qui m'a bel et bien poussée à aller voir ce film.
Je dois t'avouer, aussi, que l'idée même d'un Luchini délirant sur les plages rétaises me rendait dingue d'avance.

Après visionnage donc, je m'essaye à la critique subjective (pléonasme ?).
Attention, alerte au dithyrambe.

J'appréhendais le film en espérant qu'il y serait question d'esthétisme, et très vite, je réalise que les promesses sont tenues.
Les balades dans les marais salants viennent ponctuer les scènes d'intérieur, le tout avec un incroyable jeu de lumières et de couleurs.
La dualité se cache dans chaque détail, et l'on pourrait presque entrevoir la volonté d'une symbolique contrastée dans le choix du village d'Ars, où le noir et le blanc se marient à chaque coin de rue.
Le scénario est original, et l'histoire de ces deux hommes fait subtilement écho à celle de ce Misanthrope qu'ils répètent inlassablement.
Le réalisateur va à l'essentiel, la sobriété du décor laisse place à un enchaînement de vers chargés de sens, et le moindre alexandrin résonne incroyablement dans cette grande maison froide.
Luchini, en terre conquise, électrise la salle de sa folie noble.
Et l'île de Ré ...
Brute, presque sauvage, déserte et glacée, photogénique comme jamais.
Ré est magistralement filmée, et les fidèles de l'île ne pourront s'empêcher de rire aux sempiternelles répliques lancées çà et là sur le Pont ou le prix des maisons.
Une heure et quarante-quatre minutes s'écoulent sans même que je m'en aperçoive.
Oui, le rire est là, l'émerveillement aussi.
Et, je l'admets, l'émotion me rattrape devant ce dernier plan à la beauté tragique dont seuls les réalisateurs de chefs d'oeuvre sont capables.


Est-ce bien utile, après cette tirade, de te conseiller d'aller acheter ton ticket ?
Je te le demande.




Clemence M.

PS : J'ai lu la critique des Inrocks. Je peux parfaitement comprendre que Luchini les agace. En revanche, je comprends moins comment on peut passer à côté de l'esthétique de ce film. Si quelqu'un a une explication, je suis preneuse.

PS 2 : Si tu as vu Alceste à Bicyclette, j'ai hâte de savoir ce que tu en as pensé.
 (non, ceci n'est pas du racolage supposé me rapporter des commentaires)

dimanche 13 janvier 2013

Requiem Pour Une Folle



Faire un article look, c'est un parcours du combattant.
Un défi mental qui transcende littéralement le simple loisir créatif. 
Un challenge inventif qui consiste à imaginer une tenue de la tête aux pieds en prenant en compte une foultitude (je croyais que ce mot n'existait pas, j'ai voulu faire de l'humour, et puis je me suis fait rattraper par Wikipedia) de critères.
Ainsi, il faut :
- porter du neuf, quand tu en as
- porter du vieux (ça au moins, t'en as toujours)
- ne pas porter que du neuf, au risque de passer pour une blogueuse décomplexée un peu trop sponsorisée
- ne pas porter que du vieux, au risque de passer pour l'arnaque du siècle
- et enfin, faire croire que tu fais du neuf avec du vieux et que ce n'est pas pour autant que tu n'as pas la classe à Dallas.

En imaginant ce look, je pensais donc remplir tous ces critères.
J'étais fière.
Presque aussi fière qu'un gamin qui aurait tué son hamster avec une râpe à fromage (tu sais, parfois, un enfant, c'est étrange).
Fière car j'allais enfin te faire vibrer avec de l'inédit, non seulement en haut, mais aussi en bas.
C'est dire si j'avais l'impression d'avoir effectué le grand chelem du look, remporté une médaille d'or aux JO de la blogo, ou, mieux, gagné Un Dîner Presque Parfait (tu ne vois pas le rapport ? Ca tombe bien, moi non plus :).

Mais ça ... ça, c'était avant l'étape fatidique du miroir.
Car en me voyant, j'ai réalisé que mon cerveau avait jugé bon d'assembler un tee-shirt de rockeur en carton et une jupe en simili cuir de simili salope.
(oui je sais, j'ai un don pour toujours rejeter la faute sur mon cerveau, c'est mon côté schizophrène)
Face à mon reflet, j'ai du me rendre à l'évidence : je m'étais INVOLONTAIREMENT sapée comme une fan de Johnny s'apprêtant à enfourcher sa "Harley" (comprendre "sa mobylette Peugeot"), et, l'espace d'un instant, j'avais trouvé ça cool.





Tee - Zara TRF

Manchette - COS

Montre - Casio

Ceinture - Zara

Jupe bi-matière - H&M

Boots - Minelli


Tu l'auras compris : il est temps pour moi d'avoir une conversation sans langue de bois avec mes neurones.
De toute urgence si possible (demain, c'est la rentrée).




Clemence M.

PS : Désolée pour les photos pas droites, mal cadrées, mal éclairées ... Je renoue juste avec la photo d'intérieur ;)

lundi 7 janvier 2013

La Wishlist Keynésienne


Depuis que j'ai eu ma fameuse révélation, c'est à dire : depuis que j'ai réalisé que les couleurs que j'aimais VRAIMENT (sans faire semblant) étaient le noir, le gris et le blanc, j'ai tendance à acheter moins
Et tiens toi bien, j'ai une explication rationnelle à cela.
Oui car, quand tu es en boucle sur trois couleurs et qu'au détour d'un rayon tu te dis "Tiens, si j'achetais cette robe noire", il y a environ une chance sur trois pour que tu aies DEJA une robe noire, et donc environ une chance sur trois pour qu'au final, tu ressortes du magasin sans cette putain de robe noire.

Alors, tu vas me dire, c'est bien gentil de s'autolimiter dans ses achats. Ca flatte la conscience, ça te donne l'impression d'être au dessus de la société de consommation et de tous ses vices (Dallas, son univers impitoyable, les "méchants-capitalistes-qu'après-c'est-nous-les-salariés-qu'on-a-plus-rien-à-la-fin-du-mois", toussa toussa ...).
Certes.
Pourtant, cette autoflagellation a deux conséquences extrêmement graves.
D'abord, je suis persuadée qu'inconsciemment, je suis en train de développer une sorte de dépression-frustration, aussi appelée "Dépression-de-la-meuf-qui-voulait-s'acheter-des-trucs-cool-mais-qui-trouvait-toujours-une-raison-de-ne-pas-le-faire".
Deuxièmement, en achetant moins, je participe activement (enfin, passivement, en l'occurrence) à la catastrophe économique ambiante.
Peut-être même qu'à cause de moi, un vendeur H&M va perdre son emploi, et on connaît la suite ... l'effet boule de neige et tout c'qui s'en suit : le mec perd sa femme, ses gosses, son chien, ses économies, la vue, le Nord, et pour finir, sa raison d'être (oui mais c'est sa raison d'être).

 Ainsi, dans une logique à la fois égoïste et altruiste (si si, c'est possible), et parce que j'ai cru comprendre que mercredi, c'était les soldes, j'ai décidé de prendre une résolution (la seule de l'année, je te préviens, faut pas déconner non plus).
En 2013 donc, j'essaye de me convaincre que parfois, il n'y a aucune raison de trouver une raison de ne pas acheter ceci ou cela (ou même celou) (oui, je sais, "celou", ça n'existe pas, mais après tout, pourquoi "celou" aurait moins le droit d'exister que "ceci" et "cela" ? Je te le demande.).





1. Un pantalon large - Mango

Parce que ça fait des années que je dis qu'il m'en faut un.
Et chaque année, je me dis "laisse tomber, t'es qu'un nain de jardin".
Du coup, en 2013, je tente les hormones de croissance. Non, j'déconne.

2. Un pyjama - Oysho 

Parce que justement, chez Oysho, on a compris que quand on est un nain de jardin, tous les pyjamas de la Terre sont trop grands (à moins de les acheter chez Tartine & Chocolat) (et je ne ferai aucun commentaire si c'est ton cas) (même si là, quand même, je sourie un peu :).
Parce qu'il y a quelques temps donc je me suis mise au pyjama resserré dans le bas, et que depuis, je revis (non, définitivement, ce n'est pas facile d'être un nain de jardin).

3. Un baggy gris - Zara

Parce que je trouve qu'un baggy, ça claque vachement plus qu'un slim.
Ca donne un style. Un style "j'ai fait dans mon froc", certes. Mais un style quand même.

4. Des sandales - Zara

Oui, mais pas n'importe quelles sandales.
Là, tout de suite, j'ai envie de sandales qui font asiat'. Alors, je ne sais pas où je suis allée chercher que ces sandales là faisaient asiat'... Mon cerveau lui, a l'air archi convaincu. Tant mieux pour lui.
Et ne me demande pas pourquoi j'ai envie de sandales en Janvier, je l'ignore.

5. Un sac - American Apparel

Parce que je sais très bien qu'au fond, mon sac Printemps, tu peux plus le voir en peinture (ni en photo d'ailleurs).
Même si tu essayes de me convaincre que c'est sympa de le retrouver à chaque article look, que ça fait "blogueuse qui vit avec son temps" (et surtout, avec la crise), je sais qu'il te blase. 
Il est temps de remédier à cela.

6. Des slippers de cow-boy - Sam Edelman
(cow-boy de Brokeback Mountain, je précise)

Parce que ...
Ouais bon là, j'avoue, je sèche sur le parce que.
Mais c'est sûrement bon signe (genre). 



J'ignore si mon plan de relance suffira à faire repartir l'économie du pays (pour tout te dire, j'ai même de gros doutes ...).
Mais, après tout, il me semble qu'il y a déjà des équipes entières qui planchent dur, très dur, sur le sujet (ou pas).
En tous cas, je crois que je suis sur la bonne voie question justification et débat avec ma conscience, et c'est déjà pas mal.




Clemence M.

PS : Je me rends compte en fin d'article que je ne t'ai même pas parlé de Keynes. Keynes, l'Economiste avec un grand E qui a prôné la relance par la consommation, et grâce à qui je ne passe pas pour une illuminée totale finie au haschich en écrivant cet article (du moins, je l'espère).

jeudi 3 janvier 2013

They Create, I Love #7 : Boris Fuchy



Aujourd'hui, je vais te parler de Lui.
Oui, Lui avec un L majuscule.
Lui qui m'a donné envie d'aller faire mes photos dans le plus beau cimetière de Lyon, histoire de sublimer sa création.

Alors, que les choses soient bien claires entre et toi et moi, et entre toi et toi (?!%*£$) :
1. Je n'ai nullement l'intention de me teindre en rousse, ni de m'acheter des lunettes oversize, ni même de me mettre à la tresse headband (bien que je trouve ça sympa) (et même si je voulais, je ne pourrais pas, parce que mes cheveux sont trop courts) *.
2. Sache qu'un cimetière, contrairement aux apparences, c'est carrément moins triste que Les Anges De La Téléréalité.
Un cimetière, c'est beau, c'est dramatique, c'est théâtral, c'est serein et pesant à la fois ...
Je pourrais continuer longtemps, partir en vrille poétique et te dire que parmi les morts, le silence y est incroyablement vivant.
Je pourrais, ouais. Mais c'est pas le sujet.

Le sujet donc, c'est Lui : Boris Fuchy.
Lui qui, à seulement 28 ans, suscite déjà l'émerveillement.
Lui qui dompte avec talent la plus noble des matières : la soie noire.
Lui qui sublime le corps des femmes à coups de drapés, simples mais sophistiqués.
Lui dont les pièces uniques ne jouent pas les prétentieuses et restent largement abordables.
Lui qui m'a fait frôler l'infarctus le jour où j'ai découvert sa boutique (ces voilages noirs, ces murs immaculés, cette notion de l'esthétisme dans laquelle je me retrouve tant ...) (d'ailleurs, Marion pourra en témoigner).
Lui qui me ferait presque croire que je suis bien foutue.
Enfin, Lui à qui je souhaite le meilleur pour l'avenir (même si je sais pertinemment que son avenir sera brillant, car quand on a du talent, on devient vite quelqu'un).








Haut - Boris Fuchy

Manchettes - H&M

Jean - H&M

Boots - Minelli


Je tenais à Lui consacrer un article car il se pourrait bien que Boris soit devenu mon créateur lyonnais préféré. 
Et parce qu'en plus d'être doué, Boris est quelqu'un d'adorable.
Je voulais aussi remercier les copines qui m'ont offert ce sublime haut pour mon anniversaire, preuve qu'elles me connaissent par coeur (preuve aussi que tout le monde a bien compris que j'étais légèrement obsédée par ces créations). 

Quant à toi qui découvrirais juste le nom de Boris Fuchy (honte sur toi), je te conseille vivement d'aller faire un tour sur son site ainsi que sur sa page Facebook.
Enfin, si tu as l'incroyable, que dis-je, l'extraordinaire chance d'habiter Lyon, tâche d'aller voir de plus près la boutique de Boris, au Village des Créateurs, Passage Thiaffait.
Eblouissement garanti.


Merci à Valentin pour les photos (prises au cimetière de Loyasse).




Clemence M.


* : Au cas où tu n'aurais pas compris la référence, je te redirige , histoire que tu te sentes moins seul(e) ;)

PS : C'était le premier article de l'année, j'espère que t'es bien accroché(e), parce qu'en 2013, je n'ai pas l'intention de te lâcher. Et au passage : bonne année ! (oui, je déteste toujours autant le dire)