dimanche 17 mai 2015

LA FAILLE SPATIO-TEMPORELLE


   Force est de constater que bosser en agence a sur moi une étrange influence. Même si le jaune est une couleur qui m'a toujours turlupinée (merci La belle et la Bête, merci Mickey), je me surprends, ces derniers temps, à repousser les limites de la colorimétrie.
Certains adhèrent. D'autres, comme mon frère, me demandent si j'ai l'intention de me reconvertir dans le cirque ...
Mais calmons-nous Jacky, car je n'ai toujours pas lâché les mocs' et le slim retourné. Ce qui, j'ose espérer, fait de moi quelqu'un d'encore à peu près sensé.

Après ces débats existentiels au possible, laisse moi te dire quelques mots au sujet de cette incroyable aventure humaine que  j'expérimente actuellement : la vie en agence.
L'agence de comm', c'est un monde parallèle. Une faille spatio-temporelle où tout le monde se dit "Salut !" et s'interdit de prononcer un mot en entier (à part "Salut" donc, si tu as suivi).
Une planète peuplée de "mad men" où ta responsable te sort ce genre de phrases : "Clem, tu verras avec le free pour les exe 6 langues ? Après je te laisse partir sur les bench' pour la reco qu'on enverra à Machine, la nouvelle Dir'Cli." ... Le premier jour, tu acquiesces bêtement, mais au fond de toi, tu sais que tu n'as rien compris.

Et puis, tu finis par t'y faire. Tellement qu'après seulement 1 mois de stage, tu t'esclaffes en hashtags, t'écoutes du Daho au bureau, persuadée que la voix d'Etienne va t'aider à faire des briefs créa trop coolos, et pour couronner le tout, tu t'achètes des blouses jaunes de hippie que tu portes, quand même, avec une pochette d'homme signée BOSS (parce que faut pas déconner, oh).






Blouse - H&M

Pochette - Hugo Boss (vintage)

Montre "Golden Friend" - Swatch

Jean - Maison Scotch

Mocassins - Manfield


Prochain numéro de "Vis ma vie en Agence" très bientôt.
En attendant, je te souhaite une belle fin de Dimanche.





dimanche 26 avril 2015

LA SEMAINE MÉDIAS #26


   C'est vrai, la dernière Semaine Médias de ce blog remonte à un certain 14 juillet. Mais ces jours-ci, un nombre important, donc anormal, de choses brillantes, drôles et esthétiques sont parvenues jusqu'à moi. Il fallait donc, aujourd'hui, que je t'en fasse part.


1.
Gentlemen Only



S'il est clair qu'Alain Delon (jeune) dépasse largement la moyenne du chic et de l'indécence, je sais reconnaître une dose certaine de coolitude à Simon Baker.
Preuve en est la dernière pub Givenchy pour Gentlemen Only, fragrance qui incommodera probablement les féministes en puissance.
La Femme y est faussement cruche. Empêchée par les travaux de la ville, elle se demande comment elle va bien pouvoir traverser la rue, alors qu'il n'y a absolument aucune voiture ...
Heureusement, l'Homme, tout de "casual chic" vêtu, arrive en sauveur sur son vélo blanc (putain, il a changé le Prince Charmant), les yeux plus bleus que jamais et les cheveux au vent.
Le tout rythmé par les battements de Lovesick, sur fond de couleurs vives made in Paris. Pub réussie.


2.
Le Jardin de Monsieur Li


Contrairement à ce qu'affirme cette photo, Le Jardin de Monsieur Li, dernier né du dompteur de cuirs, est bien plus qu'un parfum.
C'est un univers ultra-esthétique dans lequel le vert anis se mêle à l'eau, et au verre limpide. C'est un jeu de reflets où la complexe géométrie asiatique rencontre l'évidence du fluide.
Un monde parallèle, paisible et apaisant, décliné par Hermès sur de superbes PLV acides, et à travers une expérience digitale disponible ici


3.
Maille. L'Âme de la Table.


Trop rares sont les marques de grande conso qui réalisent des pubs de cette qualité. Chez Maille, rien n'est laissé au hasard. La non-mise en scène est pensée, la lumière travaillée, les mots choisis, les produits sublimés.
On est loin, très loin, des karaokés foireux signés Panzani ...


4.
The Bobo's - "Quinoa"



The Bobo's, c'est la dernière invention géniale du Palmashow.
Un duo paumé, incarnant une génération toute aussi larguée, qui s'invente des problèmes à longueur de journée. Un titre déjà culte, véritable hommage au quinoa, qu'on aime cru, qu'on aime cuit, qu'on aime poché, voire, sur un malentendu, carrément sous vide.
A voir "posey", à méditer, à réfléchir ;)


5.
120 ans de Cinéma



En parlant d'hommage, voici celui de Joris Faucon Grimaud à 120 ans de Cinéma.
En sept minutes, cette vidéo archi-réussie plonge celui qui la regarde dans l'histoire du septième art.
Des extraits miniatures de plus de 300 films magistralement emmenés par un choix musical que tu sauras apprécier.
Certains n'y trouveront pas leur compte, d'autres, comme moi, applaudiront ce titanesque travail. 


6.
Anne Sila - "Chandelier"


Je ne suis pas du genre à tweeter toute la soirée, hashtag "Lou", toi même tu sais.
Pourtant, chaque samedi, comme toi, je suis devant ma télé.
Et hier, je dois l'avouer, Anne Sila a réussi à me faire redécouvrir une chanson souvent massacrée, que je ne pouvais plus blairer.
Sa performance se passe aisément de commentaires. Je te laisse donc sur ces mots, et cette reprise sans pareille.





dimanche 19 avril 2015

LETTRE A POLNAREFF

blog clemence m polnareff cetelem
   
   Cher Michel,

  Cela fait maintenant une semaine que cet article dort dans mes brouillons. Le publier ou non, je t'avoue qu'après ton retour fracassant de ces derniers jours, je me suis posé la question. Moi qui m'apprêtais à implorer publiquement ne serait-ce qu'un signe de ta part, je me suis d'abord rappelé qu'il est des mots qu'on peut penser, mais à ne pas dire en société. Puis, je me suis souvenue que de la société tu te foutais. Alors, j'ai choisi, à mes risques et périls, de jouer avec la coïncidence de nos réactions simultanées (carrément, la fille tutoie les étoiles quoi).

blog clemence m polnareff live at the roxy cetelem

Rassure-toi, cette lettre n'a aucunement le goût de l'offense, mais bel et bien celui de l'hommageUn hommage à ta musique, qui fut l'une des premières à parvenir à mes oreilles (et je n'évoquerai pas Julien Clerc, au risque de voir à mon tour mon image altérée, dégradée, pour ne pas dire souillée). Un hommage à ce que tu fus, et qu'à l'époque je ne comprenais pas. Un hommage à tes mots, ces messages cryptés qu'à cinq ans je ne décodais pas.
Cette pochette du "Live At The Roxy" était mon seul et unique repère te concernant. Intriguée mais fascinée, je me suis longtemps demandé si ce coton vert et ces mains fines t'appartenaient, toi qui répondais pourtant par la négative piste 7.
Pas évident, le Polna, quand on est enfant ...

blog clemence m polnareff live at the roxy cetelem

Un temps, c'est vrai, je t'ai laissé, lassée de tes mélodies, plus complexes que tu ne le dis. A dix ans, vois-tu, la simplicité d'une Britney peroxydée nous parle davantage qu'un prodige qui chahute le PAF et provoque la société en montrant ses fesses. La démarche était plus abordable pour mon âge : Britney, elle, n'avait semble-t-il pas besoin de prétexte.

Plus tard, je t'ai recroisé, un peu par hasard ... Sur grand écran, il y a onze ans, sous les traits d'un Couscous un peu trop épicé. Sur petit écran, hier encore, à travers l'imagination sans limite d'un créa un peu trop enfariné inspiré.
Cette si chère société, devenue bal des nazes (parce que Cetelem ne détient pas le monopole de la blagounette), avait fini par te transformer, par te déguiser. 
Mais n'en parlons pas. N'en parlons plus. 

Car aujourd'hui, la petite fille qui par le son du piano se laissait bercer, et qui, j'ignore pourquoi, voulait absolument que Marilou ait les cheveux frisés  (?!) ... Cette fille là a grandi, elle a compris. A présent, du haut de ses 23 ans, elle vous supplie, toi et ton génie, de revenir, avec plus de 140 caractères et des airs, que je sais d'avance uniques.


Bien à toi,